La générosité et les milliards

T’as beaucoup d’actions en bourse ? Pauvre vieux..t’as pensé à l’accordéon ?

L’état est là pour aider les plus démunis en priorité. C’est évidemment une de ses missions principales.

Remettre en cause cela serait de la démagogie pure et simple.

Cotes BoursieresLa société change et nous ne nous en rendons pas assez compte. La précarité, la pauvreté changent de visage. Ce qui est d’autant plus vrai en période de crise.

Tous les jours, que vous habitiez une grande ville ou pas, vous croisez des gens démunis, des sans abris : du “pauvre standard”.

De temps en temps vous comblez ses besoins, selon vos moyens, avec 1 ou 2 euros. Ca n’est clairement pas assez…mais c’est toujours ça.
Comme le monde est bien fait et que la société est très bien organisée, nos chers dirigeants font un peu pareil.

Eux ne prennent pas le métro et ils croisent rarement du “pauvre standard”. Non ! Eux ils gèrent la nation et la crise : ce n’est pas du tout la même limonade !

Pour mener à bien cette mission suprême, ils n’ont carrément pas le même budgets que nous bien qu’ils soient à nous..les budgets…curieusement…

Trève de parlotte ! La somme importe peu et le principe reste le même : il faut absolument aider quelqu’un en détresse lorsqu’il appelle à l’aide ! Et selon les endroits où l’on évolue, on ne croise pas la même détresse.

Nos bien aimés dirigeants sont face à une version “premium” de cette détresse.

Ces “pauvres premiums”, qui essayent de rester dignes dans leurs costumes-cravates, sont dans un bien sale état. La crise est malheureusement aveugle quand elle frappe.

Tout le monde le sait, l’habit ne fait pas le moine (le banquier en l’occurence), il ne faut pas se fier à une apparence extérieure trompeuse.

Efforçons nous de penser en perspective et de ne pas tomber dans la facilité.

Notre “pauvre standard” : globalement il n’a pas perdu grand chose pendant la crise, vu qu’il n’avait pas grand chose avant. Il n’est pas plus à plaindre qu’avant.

En revanche notre “pauvre premium” a beaucoup perdu durant cette crise. Lui ne peut pas se permettre de descendre “mal jouer” de l’accordéon dans le métro pour faire de l’argent facile.

Il a un niveau de vie à maintenir, une berline à nourrir et certainement des comptes à rendre à d’autres personnes qui, par sa faute risquent, de devenir précaires comme lui : ses chefs.

Billets de banqueTrès clairement, il faut aider en priorité ceux qui en ont le plus besoin.Et les “pauvres premiums” ont un gros besoin : un milliard d’euros !

Imaginez si un “pauvre standard” vous demandait cette somme, vous vous diriez : “oh lala..il est sacrément dans la purée !!” ou bien “Mais arrette un peu..tu vas faire quoi d’un milliard ?”

Tandis que le “pauvre premium” est tout à fait légitime pour réclamer cette somme. La preuve : le gouvernement accède à sa requête !

Cet article très intéressant (http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/02/700-millions-de.html) nous explique que les aides octroyées ont atteint leur but et plutôt deux fois qu’une.

En effet, les banques ayant bénéficié de ce plan d’urgence ont joué la carte de l’extrême bonté.
“Ne soyons pas égoïstes, serrons-nous les coudes quand nous sommes dans la panade.”

Elles ont donc pensé à des personnes encore plus dans la gadoue jusqu’au cou : leurs actionnaires.

Pour résumer, les aides de l’état ont donc permis :

  • de sortir de la “précarité soudaine” les banques et leurs dirigeants
  • de sortir de la “précarité soudaine” les actionnaires de ces mêmes banques

Efficacité et générosité : les deniers publics ont été bien dépensés ! Soyons rassurés !

La prochaine fois que vous donnerez un ou deux euros à un “pauvre standard” dans le métro, faites lui donc la leçon et demandez lui d’en reverser une partie à un “pauvre premium” dans le besoin.

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