Le but de ce billet n’est pas d’agiter le liquide nauséabond et fumant déjà à bonne température mais bien d’essayer de rationaliser (humblement) ce battage médiatique.
Un livre pour le moins intime
Frédéric Mitterrand est un homme de communication très cultivé.
Il connait bien le monde des médias, il sait pertinemment que les affaires de moeurs font plus souvent la une des tabloïds et des journaux nationaux que de bon candidats au Goncourt.
Certains passages repris par Le Point ici sont édifiants.
Cet ouvrage en dit beaucoup sur l’homme et sa relation avec la sexualité, ses névroses (déviances ?). Le côté personnel, intime à l’extrême, inspiré du vécu est indéniable.
Il écrit et il assume : courageux, mais dangereux
S’il n’était pas ministre de la culture ?
Imaginons deux secondes qu’un professeur des école, un policier, un préfet ait publié ce même livre.
- Sans aucun doute, la police n’aurait pas enquêté sur les mœurs libérées et affirmées de ce citoyen courageux
- Sans aucun doute, l’ensemble de la classe politique aurait volé à son secours comme un seul homme et l’aurait défendu contre vents et marées : il a écrit un livre poignant tout de même !
- Sans aucun doute, son intégrité, sa fonction, ses responsabilités n’auraient jamais été remises en cause
- Sans aucun doute, sa hiérarchie l’aurait soutenu avec force d’arguments
- Jamais, quiconque ne l’aurait été qualifié de déséquilibré
Vous n’y croyez pas on dirait ?
Cette situation est absurde en vérité.
- Le fait de coucher sur papier ses fantasmes les plus profonds sous couvert du récit ne change pas le regard des autres : argument non recevable.
- Le fait de juger un homme sur sa vie privée, qu’il soit ministre ou autre, est terriblement tristement humain.
Les malins de tous horizons vont évidemment sauter sur l’occasion et forcer le trait à outrance.
L’amalgame entre tourisme sexuel et pédophilie est tellement facile pour les spécialistes du raccourci de la pensée ! C’était couru d’avance !
Ce livre a certainement des vertus mais ne constitue pas l’atout majeur du CV de ministre de la culture.
La sphère privée doit rester privée : surtout quand elle a un lien avec les bars louches de Bangkok.
Un constat tout de même : les a-côtés prennent le pas sur l’action. L’attention s’égare dans ce magma de bruit ambiant. Pendant qu’on parle de ça, on ne parle pas d’autre chose !
