Comme le dit cet article du Monde, les diffusions sur les canaux web (services replay par exemple) sont captifs. Il sont régis par des contrats entre les fournisseurs de contenus (TF1, France2) et les fournisseurs de connexion (Bouygues, Free).
Les chaines de télévision font bloc et peuvent effectivement décider de ne pas envoyer leur flux vers Google TV.
En revanche, ceci est plus délicat pour les diffusions numériques hertziennes. Le canal n’est pas captif, il est à disposition : décode qui veut.
De la télévision passive à la télévision active, connectée à Internet
Google est un collecteur de données : la clé de sa réussite. Mots-clés, trafic sur internet, photos, il collecte et analyse tout, tout le temps et le met à disposition gratuitement (ie Google Trends).
Rien ne peut l’empêcher de faire la même chose dans une Google TV.
Dès lors que l’image est affichée, il est facile pour Google de déterminer quelle chaîne regarde le téléspectateur :
- soit parce que la télévision connait la chaine diffusée : j’ai sélectionné le canal 2 avec ma télécommande
- soit par analyse de l’image diffusée : cas ou la télévision reste en mode HDMI et que je zappe à travers une Netbox
Dès lors que Google connaît la chaîne regardée, il lui est facile de détecter les changements de chaîne : surtout pendant les publicités. Et ça commence à devenir intéressant !
Etape 1 – OpenData et le ROI des publicités diffusées
Google étant un acteur indépendant, il aura la possibilité de diffuser publiquement des données statistiques comme :
“Sur TF1, samedi soir, à 20h43, nous avons observé que 70% des spectateurs ont zappé bien avant avoir vu la publicité pour Renaut. La diffusion de cette publicité a, de fait, un impact diminué donc un ROI affaibli”.
Les Google TV pourront donc collecter des informations en temps réel et les agréger au niveau d’une région, d’un pays, du monde. Calculer le ROI mondial des publicités diffusées par Renaut devient envisageable.
Google peut clairement se poser en arbitre et s’adresser aux annonceurs de la manière suivante :
“Les publicités de masse coutent cher et nous constatons que les gens zappent avant de voir vos publicités.
Tout comme nous le faisons déjà sur le web et sur Youtube, nous sommes capables de proposer des publicités ciblées à travers nos Google TV et de les diffuser au bon moment. Qu’en pensez-vous ?”
Etape 2 – Substituer les publicités à la volée
Le filtre ultime entre le flux vidéo et le spectateur : c’est la télévision.
Aujourd’hui, elle est passive. Mais une télévision active pourrait très bien détecter les publicités présentes dans les images du flux et les supprimer, les substituer.
Le contenu original serait donc personnalisé au dernier moment : directement par la télévision, au plus près du téléspectateur.
C’est bien cela qui fait bondir les chaînes commerciales et on les comprend
Recueillir de la donnée en continue afin d’améliorer le système et l’expérience utilisateur
Google Search, Google Mail, Google Maps, Google Street View, la firme de Mountain View a toujours procédé de la même manière : collecter, proposer et changer les mentalités. Et ca a marché !
Pourquoi en serait-il différemment avec Google TV ?

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